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Cabanova
Un premier séjour au Bénin en 2007 dans un orphelinat à Abomey suivi de plusieurs autres dans le même pays et en Afrique de l’Ouest, étapes qui ont permis de mettre en place des partenariats et de développer des projet culturels par des échanges à travers des voyages effectués en totale immersion dans la réalité locale africaine. Mon regard sur l'Afrique, ce terrain des enjeux politiques, source d’argent et de pouvoir ou Prozac de l’Occident, terre d’ONG et de charités à court terme, Afrique fantôme comme il y a logtemps Michel Leiris l'avait saisi, ne se veut qu'élan, dénué de préjugés, vers une autre réalité, vers l'autre.
Historique
Après l’expérience d’un régime totalitaire dans la Roumanie communiste, pays quitté illégalement en ’89, mue par le désir de donner un sens plus profond à mon existence et me détacher de l’esprit de la société de consommation, je crée, le 21 mai 2008, Cigogne, un regard sur l'Afrique. Premier déclic : Cuba en 2006, 17 ans après la chute du communisme, j’ai vécu pendant deux mois dans une famille d’un quartier populaire à Santiago de Cuba, de nouveau derrière "le rideau de fer". La rencontre avec un monde pauvre, fermé à l’extérieur mais si culturellement vivant, si plein d’humanité, la beauté de cette rencontre, fruit de cette plongée au cœur de la réalité, a fait naître le désir, suivi de la profonde conviction de pouvoir servir de relais entre des mondes qui souvent se confrontent mais qui permettent surtout de se revéler.
"Nous avons été depuis tant de générations à la merci d’une mauvaise récolte, de heurts entre populations, que nous avons goûté avec délice les fruits de l’abondance. Quel plaisir que celui de ne pas craindre la faim ! Nous nous sommes abreuvés à toutes les sources, sans retenue. Nous avons découvert la satisfaction de boire avant d’avoir soif, de voir clair en pleine nuit, d’avoir chaud quand le vent est glacial. Puis est venu l’écœurement, celui qu’éprouve un enfant suralimenté. Nous avons compris que la nourriture perd toute saveur si l’appétit n’est pas là ; et surtout que la satisfaction personnelle laisse un goût amer s’il n’y a pas de partage. L’émergence des activités s’efforçant de donner un tour concret à la solidarité est le signe d’un mouvement en profondeur de notre culture occidentale. Cette solidarité est finalement le signe d’une lucidité, non celui d’une générosité. " albert jacquard
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